Il y a bien longtemps, J'ai perdu la parole. Depuis, je suis comme un verbe infertile. Nul ne pourra souffrir ma mort, Moi qui ai toujours voulu à tort M'effacer et me coucher Devant la raison du plus fort. Qui saura porter mon deuil Devant la haine et l’orgueil De ceux qui détiennent L'argent et les armes ? Je n'ai plus rien à offrir, Seule ma prière est mon refuge. Après la mort du père... Il y a eu la mort de la mère, Il y a eu la mort de l'enfant, Puis est morte ma culture... Il coule encore des larmes Dans l’œil d’Horus. Qui pourra marcher Dans mon funeste destin Où la rose à peine cueillie s’étiole ? Qui voudra subir mon désarroi Et le venimeux regard Qui dévie mon chemin ? Je n'ai même plus de hasard, Tout est trahison et frustration. Le malheur couvre tout mon terrain. Au matin gris, bohème, Le coq ne chante plus l'aube. Le ciel pleure de toutes ses pluies Mais la terre reste stéri...