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Affichage des articles du janvier, 2023

LE TEMPS

  Sabliers de l'Illusion, Le Temps par nous existe, Il palpite chaque jour dans l'argile de nos rêves. Chaque instant, de rive en rive, L'illusion nous escorte vers les ombres. Belle chimère que ce temps ! Il portait hier une saison digne et fière, Mais l'aube d'après revient, cruelle, Rappeler l'éphémère de nos joies, Le poids de nos misères. Quelques chandelles au passage, Pour dire que chaque moment est une vie : Unique, toujours nouvelle. Rose et Iris, Amour et Innocence, C'est de ce limon que nous forgeons nos années.

L’INFERTILE

    Il y a bien longtemps, J'ai perdu la parole. Depuis, je suis comme un verbe infertile. Nul ne pourra souffrir ma mort, Moi qui ai toujours voulu à tort M'effacer et me coucher Devant la raison du plus fort. Qui saura porter mon deuil Devant la haine et l’orgueil De ceux qui détiennent L'argent et les armes ? Je n'ai plus rien à offrir, Seule ma prière est mon refuge. Après la mort du père... Il y a eu la mort de la mère, Il y a eu la mort de l'enfant, Puis est morte ma culture... Il coule encore des larmes Dans l’œil d’Horus. Qui pourra marcher Dans mon funeste destin Où la rose à peine cueillie s’étiole ? Qui voudra subir mon désarroi Et le venimeux regard Qui dévie mon chemin ? Je n'ai même plus de hasard, Tout est trahison et frustration. Le malheur couvre tout mon terrain. Au matin gris, bohème, Le coq ne chante plus l'aube. Le ciel pleure de toutes ses pluies Mais la terre reste stérile. Au loin s’entend la sirène ou l'alarme De ceux qui sans ve...

BEGUE

Je ne sais pas pourquoi Ce que je dis Bégaie. Mes mots S’entrechoquent. Comment les dire, Mes mots ? Je bégaie... En pinceaux, En couteaux de peinture Et en couleurs. Comment tracer Mes mots ? Ces signes, Des hiéroglyphes, Qui veulent juste dire L'ardente poésie De mon cœur en doute. Ce que je dis, Bègue, En mots saccadés, Difficilement énoncés : Ces « je t’aime » Sont-ils des mots bègues et inaudibles ? Je ne sais pas. Ce que je dis... Bégaient mes mots, Difficiles, qui s’entrechoquent. Comment dire en pinceaux, En couteaux et en couleurs ? Comment tracer des signes Qui disent juste l'ardente chanson, Le beau poème de mon cœur en doute ? Ce que je dis Bégaie en mots saccadés, Rêches. Est-ce audible ? Je ne sais pas... Mais je les dis. Je dis : je t’aime.

LES CORBEAUX

  Dans ce ciel ocre Tourbillonnent des oiseaux... Rapaces. Les corbeaux croassent. Mon cœur est une incertitude Dans un monde de turpitude.

Ô MAMIE

  Tu es passée De l’autre côté du miroir, Ô Chère amie. La brume matutinale Cache mal ton sourire, Et nos cœurs en peine Se rappellent à ton souvenir. Ô Mam, toi le grand manguier, Le baobab, totem, arbre à palabres ! Il nous manque tes contes, Tes fables sages et tes proverbes. Quand les lucioles peuplent la nuit, Il nous manque la douceur de ta parole, La tendresse de tes mains Qui essuyaient nos larmes Et qui soignaient nos âmes. Ô Mamie, Cela n’est qu’un tour de manège, Car nous savons que tu peux... Tu peux encore nous voir et nous entendre. De là où tu danses avec les anges, Il nous parvient la brise Qui affermit nos cœurs, Même si nos jours et nos soirs Ne sont plus pareils, Eux qui nous ont vus ensemble. Ô Mamie, Ô Mam, Passer de l’autre côté du miroir, Cela n’est qu’un au revoir. Il nous reste l’écho de tes paraboles Et le soleil dans tes yeux. Il nous manque ta mémoire d’éléphant, Toi, baobab, toi, totem.

OMOTOUNDE

  L'Encre du Scribe (À Nioussérê Kalala Omotoundé) Nioussérê Kalala Omotoundé, Dans le torrent de mes larmes Résonne ton verbe-bouclier. Chant d’honneur, équilibre de justice, Tu portes la lumière insoumise De notre liberté et de notre dignité. Le voile de nos mémoires forcées se déchire. Me voici debout devant la Porte Djed, Là où le pilier de l’être se dresse enfin, Là où Osiris, à l’ombre de Maât, veille. Bientôt l’esprit submerge la matière Dans l’infinité du Tout, sur mer et sur terre. La lune ne calmera pas mes songes de révolte. J’attends l’aube, après cette nuit profonde Où ton départ soudain nous a jetés. Je creuse encore les gouffres du savoir, Moi qui te rêvais dans la danse des astres... Mais le Nil, dans ses méandres, se souvient. Sois et danse dans l’éternité, Sois et vis comme l’encre du scribe Sur les parois de l’ultime demeure ! Ta voix, fulguration de vérité, Demeure forte, fière et indélébile. Quand le soleil rejoindra la lune sur le Nil de nos âmes, Nous serons,...

KONGO

Je m’appelle Kongo Kongo dia n ‘totila Mutshi wa nsanga bilembi Je pleure comme une pluie Mais nul ne m’entend   Je suis d’ébène et de kakula Ma forêt est riche en arbres Ma terre nourrit le monde Mais je me meurs de faim Et de désoloation   Je suis N’Zadi Femmes et enfants meurent violés Violentés au prix du coltan Du cobalt et du diamant Ma case baigne dans le sang   Je t’ai envoyé mille et un courriers Madame la « Communauté internationale » Tes tiroirs en sont pleins Mais tu n’y réponds que vaguement Lors de tes sporadiques assemblées   Tu sais bien de quoi je me plains Je nous croyais tous fils d’Adam Tout comme toi je descends de Noé C’est bien toi qui me l’as dit   Je suis d’Akhenaton le pharaon J’ai le soleil dans ma peau Aïssata m’a donné le sein Toi et moi faisons humanité ……. Je m’appelle Kongo Mon cheval est l’équateur Je pleure tout mon sang versé Madame la »Communauté internationale » Les vautours volent bas Femmes et enfants so...