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Mots ternes

Je suis l'ombre Et le silence Je suis la sueur rance Du travail forcé
Je suis le reclus Terre aride et sauvage Herbe séchée Du désert de l'oubli
Je suis le temps d'automne Un chant monotone Ventre infertile Je suis le sable mouvant Que façonne à sa guise le vent
Je suis l'arbre dépouillé J'étais "muntu" J'étais "kanaki" J'étais "homo"
Au commencement Au début du début du temps Ma vie étais parole J'ai perdu la parole Je suis sans verbe
Qui pourra souffrir ma mort  Moi qui ai toujours tord Devant la raison du plus fort Qui saura porter mon deuil
Je n'ai plus rien à offrir Après la mort du père Il y a la mort de l'enfant Et la peine d'une mère
Qui pourra marcher dans mon exil Où la rose se fane Dès qu'elle est cueillie Subir le regard vénéneux du hasard qui croise ton destin Trahison et frustration Tapissent ton chemin Au petit matin blême Croassent les corbeaux
Le ciel pleure de toutes ses pluies Au loin une alarme, une sirène  Larmes froides et aci…

Mikishi

Mon histoire, ma vie hier aujourd'hui et demain que direDire une douleur une déchirure et l'ombre d'une nuit profonde Le cri béant écho d'une solitudeConnaître et renaître telle une imposture marquée par une cupidité aveugle et sans borneL’œil en triangle perçoit au-delà de l'horizon la force la sagesse et la beauté mais il me manque l'outil pour y accéder et ma vie aujourd'hui comme celle de demain embourbéeO « Mikishi »O « Bankambua » par quel chemin courir la proieComment retrouver ma souveraine identité alors que du nord s'élève des voix discordantesQuelle science me faut-il pour atteindre le verbe de justice et la lumière de ThotPar quel sentier vais-je retrouver la règle et le compas d'ImhotepJe n'entends plus chanter le coq le matin, ni  la cigale ni le grillonO « Mulemba » serais-tu en courroux contre ma descendance? J'attends que se manifeste ton pardonQue tu me réapprennes l'art d'être Kongo, je veux vagabonder d'Est en…

Génocide

Me voici farouche Farouchement debout Me voici disant, ce qu'ils ne veulent entendre Cette poésie des temps désenchantés Unie à celle de la vie qui se meurt Telle une fleur au soir
Cette chanson des muses délaissées Qui court dans le vent de septembre Qui atteste qu'ils sont morts en silence Malgré qu'ils étaient droits et d'équerre
Malgré qu'ils marchaient à pas mesurés A la règle et au compas Attendant que le soleil dissipe la brume Qui voilait la vérité-justice
Ils voulaient bâtir un édifice Pour s'abriter des intempéries Mais ils sont morts abattus Par la furie et la concupiscence
Ils sont morts par les armes rebelles Des anges de l'oubli Qui au bien préfère le vice Ceux qui ont de l'humanité juré la perte
Me voici farouche poète Farouchement debout dans l'arène Me voici disant l'honneur Qu'à jamais ils méritent
Farouchement déclamant Cette poésie des temps sans rêve Brutal et génocidaire Ils sont morts congolais
Ils sont morts africains Ils sont…

Homme

S'il est une chanson qui revienne avec entêtement dans mon esprit, c'est celle qui évoque le questionnement sur l'Homme. Comment se peut-il que l'Homme, en même temps qu'il cherche consciemment à évoluer, en même temps qu'il se veut démocrate et humaniste, en même temps qu'il se veut savant et civilisé, l'Homme se referme sur lui même dans un égoïsme et un ethnocentrisme maladifs, ignorant les règles du jeu de la vie  qu'il se fixe: ignorant la "lumière" qu'il dit chérir; ignorant la beauté et la force créatrice en lui; ignorant la chaleur d'une sincère fraternité, l'Homme nourri de la méchanceté et de la barbarie.
Comme cet enfant Cet enfant qui dit non Qui dit non en pensant oui
Je suis en quête de la flamme; ce flambeau qui éclaire dans la brume, ce sentier étroit qui mène à la liberté. Liberté de dire par les mots justes, je Suis. Liberté d'admettre qu'en face de moi vit comme moi un Homme, que j'accepte et res…

L'auteur

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Ouroboros

Au plus profond de l'ombre Au fin fond de la nuit Dans les entrailles de la terre L'homme est une merveille Qui s'ignore
L'une et l'autre Les pierres de taille Bâtissent l'oubli Au gré de l'inconscience
Au plus profond de l'ombre Se couche la liberté Et des bouts de vérité L'une après l'autre Les illusions s'entassent Ouroboros Ouroboros Le monde se mord la queue

Hommage à Mamie