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  Mon imaginaire s’est forgé aux soirs des « contes autour du feu ». Nous étions enfants joyeux malgré notre modeste condition. Les langues des flammes que nous attisions chacun à son tour pour nous réchauffer et éloigner les insectes nocturnes (surtout les moustiques), les bêtes sauvages et les esprits malfaisants de la nuit, nous inspiraient des historiettes que nous improvisions chacun à tour de rôle. Les personnages principaux étaient les animaux de la forêt (singes, lions, antilopes, renards, léopards etc.) ainsi que les esprits des anciens qui nous hantaient. La conclusion devait correspondre à une leçon de morale liée aux enseignements de nos parents, de nos enseignants et des anciens. Puis vinrent les poètes de la négritude, les surréalistes et les classiques. L’oralité de ces contes, sans prétention, a façonné notre identité culturelle en nous rattachant à l’universalité. Notre pratique rhétorique abolissait la frontière tribale et instaurait des passerelles ouvertes sur l...

Solitude

  J'avais dans la tête du soleil et du vent  J'étais en méditation comme l'arbre  Je marchais seul sur la plage La mer chantait de révolte J’ai dit aux oiseaux que j'attendais Une étoile inconnue Moqueurs, ils m'ont répondu Ô, bel ingénu  Qu'à cela ne tienne Leur ai-je dit Je suis un puits de patience Alors le soleil s'est couché Le vent s'est estompé La mer s'est tu Les oiseaux ont disparu Dans l’horizon diaphane Seul sur la plage Personne n’est venue Mon silence était de marbre.

NZEBA

Ton silence évoque la délicatesse d’une rose                                                                                                                   Comme l’aube qui se révèle   Tes mots, porteurs de poésie,                                  ...

Peur de

  La peur accouche de l’oubli L’eau est fille de la source La montagne appelle le vent La terre est un établi Marche Cours La lumière est étroite Le chemin vers ton cœur est une impasse Tu ne fais plus ton temps La peur empêche d’être Marche Cours Va cueillir le verbe Quand le jour t’appelle   Le vent dans ma main Dépose un poème Quand la lune haut perchée Au plafond de la nuit Aux étoiles sourit Une muse dans ma bouche Veut dire le poème Qui se dit Je t’aime Mais l’arbre devant la pluie Secoué par le vent d’hiver S’empare du poème Sauras-tu lui dire Je t’aime     Sur le sol noir et blanc pavé Que surplombe le file-à-plomb Nos esprits s’envolent Vers la voûte étoilée Nos bras comme des bûches ardentes Nos mains enlacées Mijotent l’amour du divin Nul n’est profane Hors de nos cœurs Tous les Hommes Nous sont frères et sœurs Nous marchons d’un pas assuré

Envies

Nos envies bancales Nos désirs enfantins Sont fruits de l'instinct Mais en face tout est tu Le destin est têtu Face aux envies et désirs non partagés Il reste l'obsolescence Dans des miroirs moirés

Zombies

Déléguons l'intelligence A la machine Tout semble aussi simple L'imaginaire se dilue Le réel s'estompe Nous sommes zombies Déléguons nos peu de savoirs A la machine A cette mécanique que nous créons La langue est close Il s'élève des murs de plus en plus haut Les passerelles s'obstruent A petit feu L'inhumanité s'installe Nous sommes zombies Déléguons nos amours A la machine Au gré de nos algorythmes La science devient atone Le rêve s'enferme dans l'utopie Nous sommes zombies

Exile

L'exile et ses règles L'exile au temps des soleils artificiels Courir, se démener ou mourir Epreuves et quête de l'essentiel Si jamais tu ne sais courir Dans cette immensité de déboires Jamais tu ne pourras te nourire Il faut trouver l'essentiel Quel sens a ton existence La lumière est toujours bien loin La nuit est aussi épaisse Comment aller à l'essentiel Si jamais tu ne sais à quelle porte frapper Dans cette gigantesque métropole Les passants sont toujours pressés Ils vont toujours à l'essentiel L'exile et son lot de désepoirs Si tu gagne à la loterie L'amour que tu reçois n'est qu'illusoire Comment aller à l'essentiel L'exile et ses règles Tu portes le doute et la peur Si tu trouves un banc dans le metro Cette nuit, c'et l'essentiel