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            J'ai musicalisé une partie de ma poésie. Je l'ai fait sachant que cela suscitera sans doute une controverse. Je fais appel à Suno, une "intelligence artificielle" pour les arrangement des loops créés avec des séquenceurs numériques (Cakewalk Sonar et Logic audio pro). J'ai dit "intelligence artificielle"! En fait, je dirais plus "auxiliaire algorithmique". Je veux dire par là que cet outil dont la puissance et l'ingéniosité sont de loin supérieures aux capacités humaine est devenu utile à condition d'en garder le contrôle. L a technologie garde sa place d'outil de soutien, plutôt que de substitut créatif.  Je conserve la direction artistique. L'IA intervient comme un assistant technique ultra-rapide, mais l'intention première, la poésie et la structure harmonique partent de moi.    D'aucuns m'opposeront certes l'argument selon lequel cette "machine numérique" supprime et modifie profondém...
  Mon imaginaire s’est forgé aux soirs des « contes autour du feu ». Nous étions enfants joyeux malgré notre modeste condition. Les langues des flammes que nous attisions chacun à son tour pour nous réchauffer et éloigner les insectes nocturnes (surtout les moustiques), les bêtes sauvages et les esprits malfaisants de la nuit, nous inspiraient des historiettes que nous improvisions chacun à tour de rôle. Les personnages principaux étaient les animaux de la forêt (singes, lions, antilopes, renards, léopards etc.) ainsi que les esprits des anciens qui nous hantaient. La conclusion devait correspondre à une leçon de morale liée aux enseignements de nos parents, de nos enseignants et des anciens. Puis vinrent les poètes de la négritude, les surréalistes et les classiques. L’oralité de ces contes, sans prétention, a façonné notre identité culturelle en nous rattachant à l’universalité. Notre pratique rhétorique abolissait la frontière tribale et instaurait des passerelles ouvertes sur l...

Solitude

  J'avais dans la tête du soleil et du vent J'étais en méditation comme l'arbre Je marchais seul sur la plage La mer chantait de révolte J’ai dit aux oiseaux que j'attendais Une étoile inconnue Moqueurs, ils m'ont répondu : « Ô, bel ingénu » — Qu'à cela ne tienne, Leur ai-je dit, Je suis un puits de patience. Alors le soleil s'est couché Le vent s'est estompé La mer s'est tue Les oiseaux ont disparu Dans l’horizon diaphane Seul sur la plage Personne n’est venu Mon silence était de marbre.

NZEBA

  Nzeba (Belle Fée) Ton silence est délicatesse, Épanouissement d’une rose, L’aube qui se révèle. Tes mots sont porteurs de poésie, Surprenante et enchantée. Précieuses émotions, Perles dans un coquillage. La clarté de ton rêve Sublime nos profondeurs Et nous éveille aux mystères de l’âme. Source intarissable de mots sages, Tu insuffles à la poétique du monde Une musicalité authentique, Vive et généreuse. Ta parole est digne architecture Du Maître Imhotep ; Dans toutes ces romances offertes, Demeure forte et fière, Forte comme un roc inébranlable. [Refrain] Ô ma belle fée, N’arrête pas de nous illuminer.

Peur de

  La peur accouche de l’oubli L’eau est fille de la source La montagne appelle le vent La terre est un établi Marche Cours La lumière est étroite Le chemin vers ton cœur est une impasse Tu ne fais plus ton temps La peur empêche d’être Marche Cours Va cueillir le verbe Quand le jour t’appelle. Le vent dans ma main Dépose un poème, Quand la lune haut perchée Au plafond de la nuit Aux étoiles sourit. Une muse dans ma bouche Veut dire le poème Qui se dit : « Je t’aime ». Mais l’arbre devant la pluie, Secoué par le vent d’hiver, S’empare du poème... Sauras-tu lui dire : « Je t’aime » ? Sur le sol pavé noir et blanc Que surplombe le fil-à-plomb, Nos esprits s’envolent Vers la voûte étoilée. Nos bras comme des bûches ardentes, Nos mains enlacées Mijotent l’amour du divin. Nul n’est profane Hors de nos cœurs, Tous les Hommes Nous sont frères et sœurs. Nous marchons d’un pas assuré.

Envies

Nos envies bancales et nos désirs enfantins, Fruits de l'instinct ; Mais en face tout est tu, Le destin est têtu. Face à nos envies et désirs non partagés, Il reste l'obsolescence Dans des miroirs moirés.

Zombies

Déléguation Déléguons l'intelligence À la machine. Tout semble aussi simple... L'imaginaire se dilue, Le réel s'estompe : Nous sommes zombies. Déléguons le peu de nos savoirs À la machine, À cette mécanique que nous créons. La langue devient maison close, Il s'élève des murs de plus en plus hauts. Les passerelles s'obstruent. À petit feu, L'inhumanité s'installe, Nous devenons des zombies. Déléguons nos amours À la machine, Au bon vouloir de nos algorithmes. La science devient atone, Le rêve s'enferme dans l'utopie : Nous sommes alors des zombies.