Mon
imaginaire s’est forgé aux soirs des « contes autour du feu ». Nous étions
enfants joyeux malgré notre modeste condition. Les langues des flammes que nous
attisions chacun à son tour pour nous réchauffer et éloigner les insectes
nocturnes (surtout les moustiques), les bêtes sauvages et les esprits
malfaisants de la nuit, nous inspiraient des historiettes que nous improvisions
chacun à tour de rôle. Les personnages principaux étaient les animaux de la
forêt (singes, lions, antilopes, renards, léopards etc.) ainsi que les esprits
des anciens qui nous hantaient. La conclusion devait correspondre à une leçon
de morale liée aux enseignements de nos parents, de nos enseignants et des
anciens. Puis vinrent les poètes de la négritude, les surréalistes et les
classiques. L’oralité de ces contes, sans prétention, a façonné notre identité
culturelle en nous rattachant à l’universalité. Notre pratique rhétorique
abolissait la frontière tribale et instaurait des passerelles ouvertes sur les
mondes singulièrement différents mais humains. Ce recueil en est le
prolongement.
P.S. Je
dis merci à celles et ceux qui ont perçu une certaine hauteur dans les mots qui
disent ici des maux et des joies de la vie. J’espère qu’ici aussi se retrouve
traduit l’idée de « créolisation » à laquelle j’adhère depuis que j’ai
rencontré par quelques-uns de ses écrits Édouard GLISSANT. Car, comme il a si bien dit : « Rien n’est
vrai, tout est vivant. »
Apatride
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