L’INFERTILE
Il y a bien longtemps,
J'ai perdu la parole.
Depuis, je suis comme un verbe infertile.
Nul ne pourra souffrir ma mort,
Moi qui ai toujours voulu à tort
M'effacer et me coucher
Devant la raison du plus fort.
Qui saura porter mon deuil
Devant la haine et l’orgueil
De ceux qui détiennent
L'argent et les armes ?
Je n'ai plus rien à offrir,
Seule ma prière est mon refuge.
Après la mort du père...
Il y a eu la mort de la mère,
Il y a eu la mort de l'enfant,
Puis est morte ma culture...
Il coule encore des larmes
Dans l’œil d’Horus.
Qui pourra marcher
Dans mon funeste destin
Où la rose à peine cueillie s’étiole ?
Qui voudra subir mon désarroi
Et le venimeux regard
Qui dévie mon chemin ?
Je n'ai même plus de hasard,
Tout est trahison et frustration.
Le malheur couvre tout mon terrain.
Au matin gris, bohème,
Le coq ne chante plus l'aube.
Le ciel pleure de toutes ses pluies
Mais la terre reste stérile.
Au loin s’entend la sirène, ou l'alarme,
De ceux qui sans vergogne surexploitent mes ressources.
Le ciel pleure de toutes ses pluies,
Suivies de froides larmes acides.
Le petit matin de brume s'étale,
Le cœur hiberne, c'est l'hiver.
Qui pourra marcher
Dans mon funeste destin
Où la rose à peine cueillie s’étiole ?
Il coule encore des larmes
Dans l’œil d’Horus.
Je n'ai même plus de hasard,
Tout est trahison et frustration.
Commentaires