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Tana

Les murs se dressent Comme des montagnes Qui ferment le ponant L’oiseau en grelot sur la roche Défie la vague, puis s’envole Oiseau migrateur, oiseau sans frontière Et moi au pied des cimes J’attends qu’il me prête ses ailes Pour voler vers toi, ma tendre, mon aimée Telle une jacinthe sauvage J’aimerais faire racine Dans tes jardins de merveille Me ressourcer à ta fontaine Compter avec toi les étoiles Le temps est bien long Plus rien ne me console Rude est l'attente De plus en plus, De jour en semaine Ton absence est une souffrance En mon âme qui s’étiole Le temps de l’automne Se fait long et monotone Ton absence m'encastre Dans un sinistre silence

Autant

Quand le cœur n'entend plus le corps Qui sommeille , qui s'endort Quand les effluves de pensées N'adhèrent plus à l'esprit décontenancé Mon chant emportera ma peine Il brisera mes chaînes C'est à l'ombre de ton ombre Que je saurais le nombre Je saurais le temps à parcourir Sachant que tout est fait pour se finir Que seul éternel est l'Amour Autant en emporte les vents Aux vents dévastateurs et meurtriers Aux alizés et aux tempêtes Je prendrais sans doute La voie sinueuse Pour me réconcilier à ma conscience Pour réconcilier mon âme et mon esprit Il fera un nouveau jour demain Demain est toujours A faire!

Papillonant

Butinant Papillonnant Avant que ne tombe la nuit Avant que le jour ne s’éteigne Avant que ne vienne l'automne Le soleil épuisé se cache Derrière la colline Hier chenille Je me suis fait des ailes Pour butiner de fleur en fleur De fleurs du mal Aux magnolias paradisiaques Je veux franchir la montagne Avant que ne s’éveille le chacal Épuisé le soleil se cache Comme il est long Il est long le chemin Le ciel appartient à la lune Chantent les grillons Brillent et dansent les lucioles

Les rues de Babylone

Sur les vielles murailles de l'antique cité En millier d'invraisemblables histoires de vies infécondes Ils racontent leur monde J'en connais les bas-fonds  Quatre vingt treize cent Où quelque fois la lune est en trapèze Des lettres graffitis  Symboles sanscrits, géométriques, k abbalistiques J'ai appris à marcher dans l'obscur de ses ruelles J'ai appris comme un récital La chanson d'un espoir déçu Le parfum du désespoir endort les esprits J'en connais les bas-fonds Ghetto de Babylone la grande Et les enfants dans l'œil du cyclone Et les enfants en piquets aux pieds des immeubles Aux pieds des tours de ferrailles et de béton Je connais la bave et la morve Je connais l'immonde Le roman transcrit d'enfants mal aimés

Ce

Je ne sais Ce que je dis Bègue Mes mots Difficiles J'ai pris Le pinceau Les couteaux Et les couleurs Pour te tracer Des signes Pour te dire La chanson L'ardente chanson De mon cœur ET je ne sais Ce que je dis Je ne sais Ce que je dis Bègue Mes mots Difficiles

Droit de l'homme

Il y a bien longtemps que le non-droit de l'homme est appliqué insolemment! Surtout dans les aires où la démocratie n'est que simulacre et consiste à se placer dans une position de concurrence et de profit; dans une situation de plus de rendement et de surproduction! La surproduction génère alors la surconsommation dont les effets sont destructeurs de l'environnement et du tissu de solidarité sociale. Les pays dits de droits de l'homme sont les premiers à vivre du non-droit de l'homme! Le droit de l'homme devient alors très "sélectif", exclusif ; il est différemment perçu et dépend de la puissance de celui des états qui s'en réclame : Mais Il y a des bourreaux démocrates Les descendants de Machiavel Les maîtres du capital Les héros de places publics Champions de médias et de campagnes Ils se désaltèrent au champagne Et fument des cigares de Cuba Ils sont bons quand on les entends Nous annoncer le meilleur des futurs Juste à notre mesure Jouir des f...

Cantique

Mon rêve hier En nuit d’été Mon rêve caraïbe Et bleu d’océan Il était fait d’épices Et de sucre de canne Mon rêve était d’ébène ... Ses vertes prunelles Amandes tropicales Et de blanc satin Il était du pays de sirène Mami, mami, mami Mami, mami, mami Mami, mami, Mamiwata ... Nefer, nefer, nefer Nefer, nefer, nefer Nefer, Nefertiti Cette nuit dans mon rêve Le soleil avait du mal à se coucher Il était tout en musique Et de mille et un délices Béatitude de béatitude ... Aux rythmes saccadés Et angéliques de corps juvénile J’en ai perdu mon créole dans mon cœur battait Aussi rêche et tourmenté Tam-tam et marimba ... Il battait en mon cœur Une tempête, un ouragan Dans mon rêve de la veille Il était de satin blanc Et de suave parfum ... Alors j’attends... Je veux que mon rêve reste Sublime réalité ... Mami, mami, mami Mami, mami, mami Mami, mami, Mamiwata, Mamiwata ... Nefer, nefer, nefer Nefer, nefer, nefer Nefertiti, Nefertiti